MUSIQUE / THÉÂTRE
Une chambre en attendant
GILLES GRANOUILLET / CLAUDINE VAN BENEDEN
Création septembre 2017 - En partenariat avec le CDN de Montluçon - Résidence départementale Haute Loire

Agenda

Durée : 1H20

Création du 20 au 26 septembre au Théâtre du Verso à Saint Étienne (42)


L’écriture du réel ne s’inscrit pas seulement dans le constat, mais aussi dans un double mouvement qui serait de témoigner de notre monde tout en le réinventant. Dans le réel, il y a ce qu’on dit et ce qu’on voudrait dire, il y a du plein et du creux.

 

Avec « Une chambre en attendant », Gilles Granouillet  propose ici  de traiter un sujet d’une actualité brûlante, avec la finesse et la délicatesse d’écriture qu’on lui  connaît : l’incompréhension d’un père face au départ de son fils pour la Syrie.

 

Un père attend dans une chambre d’hôtel, en Turquie, à la frontière Syrienne. Il est venu rechercher son fils. Ce fils a cru trouver le réconfort ou un avenir en Syrie, mais il a, soi disant, compris son erreur et désire rentrer en France.

Le père attend dans cet hôtel et la rencontre qu’il va faire avec la femme de ménage Kurde qui vient chaque matin nettoyer la chambre va changer son avenir. Elle n’est pas celle qu’il croit, elle est, peut être, une de ces combattantes qui lutte pour sauver son pays de la noirceur et du néant.

Distribution :

Texte de Gilles Granouillet

Mise en scène : Claudine Van Beneden

Assistant mise en scène : Raphaël Fernandez

Musicien et compositeur : Simon Chomel

Scénographe : Blandine Vieillot

Jeu : François Font, Claudine Van Beneden et Raphaël Fernandez

Partenaires: La Région et la DRAC Auvergne Rhône Alpes, Le Conseil Départemental de Haute Loire,   La Communauté d’Agglomération du Puy en Velay, l'ADAMI, La SPEDIDAM/ Coproduction: Théâtre Le Verso

Quelques photos prises pendant les répétitions

Extrait :

 

On me demande où est mon fils. On me dit : " Tiens, on ne voit plus, ton fils?"  Les autres répondent " A la fac"... chez Orange.»  Moi je dis quoi ? Je dis qu'il est parti en voyage. Qu'à son âge il faut profiter tant qu'on n'a pas d'enfant... je dis qu'il a 20 ans, que c'est le moment. Et puis je rentre chez moi. Je m'assois à la table de la cuisine et je pense: ton fils à toi, il est parti couper des têtes.  Evidemment la question qui vient juste après, assis à la table de la cuisine comme un con c'est pourquoi le tien et pas un autre et qu'est-ce que tu as raté? Silence. Les monstres qui violent des enfants, à la télé, qui les violent et qui les étouffent, j'ai toujours pensé que leurs parents...doivent avoir quelque chose ? Qui explique qu'après les enfants parfois...même si ça n'excuse rien.... Ca n'excuse rien...Silence. Alors je mets tout à plat sur la table de la cuisine, je regarde ce qu'on a fait ma femme et moi depuis le début,  avec lui et même avec sa grande sœur, et même avant qu'ils soient nés tous les deux. J'examine notre vie comme un poisson froid. Silence. Je ne trouve rien. Une famille normale avec un peu de sous et des vacances chaque année. Silence. Je ne vois que du normal à perte de vue. Je ne l'ai pas battu, je ne l'ai pas sodomisé. J'étais là. Pas tout le temps, je suis représentant, mais j'étais là et sa mère elle, très présente, très gentille sa mère, sa sœur aussi, c'est le cadet forcément, le dernier, mais on a su aussi le disputer, le punir même ! Le punir et le récompenser. C'est peut-être une envie de crever le normal ? En plus je ne suis pas musulman ! Vous m'avez vu : même pas musulman !

Le teaser                                                                      Interview croisée                                                                                 

Une chambre en attendant

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